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Europe, les hommes

Antonion Tajani - Président du Parlement européen

Depuis le 17 janvier 2017, Antonio Tajani est le président en exercice du Parlement européen. Il succède à Martin Schulz, élu le 17 janvier 2012 et réélu le 1er juillet 2014.

photoAntonioTajani

Il est élu pour un mandat de 2 ans 1/2.

Revue de presse

Le Monde.fr avec AFP | 17.01.2017 à 21h06 • Mis à jour le 18.01.2017 à 07h33

A l’issue d’une interminable journée de votes et de tractations, mardi 17 janvier, c’est finalement l’Italien Antonio Tajani, 63 ans, qui a été élu président du Parlement européen, avec 351 voix sur 713 suffrages exprimés (contre 282 à son adversaire et 80 blancs ou nuls). Elu pour deux ans et demi, il remplace immédiatement le charismatique Martin Schulz, qui a renoncé à un troisième mandat pour tenter sa chance sur la scène politique allemande.

Membre du conservateur Parti populaire européen (PPE), le premier parti de l’hémicycle, M. Tajani devient un des nouveaux « visages » de l’Union, à la tête d’une institution censée incarner la démocratie européenne. Sera-t-il à la hauteur alors qu’elle vit des moments inédits, brutalement prise à parti par Donald Trump et menacée par les populistes ?

Ancien journaliste et officier de l’armée de l’air, ce politique affable et polyglotte maîtrise incontestablement la « machine » communautaire : il a été élu pour la première fois à Strasbourg en 1994, et fut désigné commissaire européen au transport puis à l’industrie sous les mandats Barroso 1 et 2 (de 2008 à 2014).

Mais il est surtout connu pour avoir été porte-parole de Forza Italia et de Silvio Berlusconi, dans les années 1990.

Une bataille inédite

Son élection laissait pourtant un goût amer, même dans son camp, mardi soir. De fait, en raison de son profil peu consensuel (une bonne partie des socialistes, des Verts et de la gauche radicale ont refusé de soutenir un proche de l’ex-président du conseil italien), M. Tajani n’a été élu que grâce à une fragile alliance de circonstance : avec les voix des libéraux, menés par le belge Guy Verhofstadt, qui était pourtant prêt une semaine plus tôt à s’allier avec les europhobes du mouvement cinq étoiles ; et celles des conservateurs et réformistes européens, regroupant des Tories britanniques sur le départ pour cause de Brexit et les conservateurs réactionnaires polonais de Droit et Justice (PiS).

Un avenir incertain

M. Tajani saura-t-il recoller les morceaux ? Le politique n’a pas la réputation d’être un homme de clivages, on lui connaît peu de vrais ennemis. « Il leur faudra du temps, mais ils reviendront à la raison », estimait une source conservatrice, mardi, à propos des socialistes. « Il n’y aura pas de reconstitution de la grande coalition, on va devoir négocier chaque texte législatif », prédit en revanche une source dans l’entourage de M. Pittella.

Plus important : la voix du nouveau président portera t-elle suffisamment en Europe et au-delà ? M. Schulz a su faire exister le Parlement, lui donner davantage de pouvoir institutionnel. Mais l’Italien ? On le dit pragmatique mais pas visionnaire. Avec un Jean-Claude Juncker affaibli à la tête de la commission, le polonais Donald Tusk, président du Conseil (la réunion des pays membres), fragilisé par l’hostilité de Varsovie à son égard, les « figures » de l’Union font pâle figure face à Donald Trump.

 Le Taurillon jeudi 19 janvier 2017

Mardi 17 janvier s'est déroulée l'élection du Président du Parlement européen. Les quatre tours réglementaires se sont succédés sans qu'aucune ligne politique ne bouge, témoignant de l'inertie et de l'immobilisme des groupes politiques. L'Italien Antonio Tajani a remporté l'élection lors du suffrage final, alors que les alliances habituelles et nécessaires ont été difficilement mises en place. Un symbole pour une Europe en crise qui peine à fédérer autour de valeurs communes.

Jusqu'au dernier moment, le Parlement européen aura entretenu un faux suspens frisant le ridicule. L'élection du Président de l'organe législatif de l'Union européenne aura nécessité quatre tours avant de consacrer Antonio Tajani, le grand favori du scrutin. Dès 9 heures du matin, les jeux semblaient faits avec l'annonce de l'abandon de la candidature de Guy Verhofstadt et le ralliement de son groupe, l'ADLE, au PPE de M. Tajani. Six candidats étaient alors en lice pour le perchoir européen : Antonio Tajani (PPE : de droite), Gianni Pittella (S&D sociaux démocrates, de gauche), Helga Stevens (CER : droite nationaliste), Jean Lambert (Verts), Eleonora Forenza (GUE : gauche unitaire européenne), et Laurentiu Rebega (ENL : extrême droite).

Quatre tours pour une victoire

Pour gagner l'élection, un candidat doit obtenir la majorité absolue, soit la moitié des députés présents plus un (hier, 345 voix). Tant que ce chiffre n'est pas atteint, trois tours se succèdent, jusqu'au quatrième où seuls les deux candidats ayant obtenu le plus de suffrages s'affrontent. Celui qui obtient la majorité gagne l'élection, sauf dans le cas très improbable d'une égalité (le gagnant est alors arbitrairement le plus âgé des deux candidats). Les trois tours successifs servent en général à former des alliances pouvant faire basculer le résultat de l'élection. Un candidat peut accepter de se retirer et de donner des consignes de vote à son groupe, contre des promesses de soutien, pour l'élection des vice-présidents et des questeurs, par exemple. Néanmoins, aucun des candidats n'a joué le jeu hier. Campant sur leurs positions, ils ont fait sans surprise des scores ridiculement similaires d'un tour à l'autre. Aux alentours de 19 heures, les services de presse du Parlement européen annoncent le face à face Tajani-Pittella. Cela prendra encore deux heures aux députés pour voter, pour que le dépouillement se fasse et que le résultat auquel tous les acteurs européens s'attendaient depuis des mois soit annoncé : Antonio Tajani succède à Martin Schulz.

Plus aucune entente possible

Le déroulement de la journée électorale peut être expliqué par la rupture de la grande alliance tacite entre le PPE et les sociaux-démocrates. Jusque-là, les deux principaux partis avaient mis en place un système de soutien mutuel permettant une alternance politique, et des élections bien plus courtes, ne dépassant pas le premier tour. Mais les sociaux-démocrates, auxquels appartient l'actuel président, Martin Schulz, ont choisi de présenter leur propre candidat, pour éviter que toutes les institutions ne soient détenues par la droite (la Commission est aux mains de Jean-Claude Juncker et le Conseil est présidé par Donald Tusk). Ce qui a été considéré comme une trahison par le PPE n'aura pourtant pas permis à la gauche européenne de faire le poids. Cela signifie également que le Parlement n'aura pas de majorité, et qu'il faudra que le PPE forme une coalition pour agir. Or, étant donné le manque de dialogue et de volonté des groupes pour mener des alliances, il est certain que cette coalition sera difficile à atteindre, et que cela retardera l'avancée des travaux du Parlement européen.

Mais plus encore, cette élection laborieuse met en lumière la fragmentation et la faiblesse d'un Parlement qui ne parvient plus à rassembler autour de valeurs ou d'objectifs communs. L'Europe traverse la plus grande crise de son histoire : Brexit, terrorisme, crise des migrants, chômage, rejet de l'Europe par Donald Trump… Les élections européennes qui auront lieu en 2019 marqueront un tournant dans l'histoire de l'Europe ; elles seront décisives. Sensibilisée aux questions européennes par le Tafta et le Brexit, l'opinion publique attendra des institutions qu'elles dressent un bilan de leurs actions. Ainsi, le mandat de Président du Parlement européen à venir est-il décisif sur le plan économique, politique et symbolique. Et quel symbole que ce scrutin laborieux auquel ont assisté, atterrés et impuissants, les européens ?

La Croix du jeudi 19 janvier 2017 page 8

Nous relevons dans l'article de Jean-Baptiste François d'autres réactions:

Emmanuel Maurel ( député européen) annonce lui aussi une « évolution méthodologique » positive. « Avant, la conciliation était acquise a priori. À partir de maintenant, il y aura d’abord un rapport de force, et ensuite un compromis. »

« Attention à la détérioration des relations. Le système européen ne fonctionne pas au rapport de force mais avec la culture du compromis, où chacun peut revenir chez soi en vendant une avancée à son opinion », souligne la Française Sylvie Goulard (MoDem).

« Avec une gauche éclatée et une coalition entre le centre droit et les libéraux qui ne suffit pas pour avoir une majorité, j’ai bien peur que la machine ne se grippe très rapidement », promet le député PPE français Alain Lamassoure.

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