Text Size

Chercher un article par mot clé

L'avis de ceux qui étaient à Rome le 25 mars 2017

Catégorie parente: Analyses, pts. de vue, actualité Catégorie : Europe, l'actualité

Repris dans les médias européens

L'avis du Taurillon

Les Européens marchent pour leur continent

27 mars, par Caroline Iberg

Les Européens marchent pour leur continent

Réunis à Rome pour la grande marche pro-européenne le 25 mars 2017, les manifestants ont déployé un drapeau géant de l’Europe et réaffirmé leur attachement au projet européen. Crédits : Antoine Schibler.

L’hymne à la joie résonne, des milliers de drapeaux européens et fédéralistes flottent, les visages sont joyeux. Réunis sur la Piazza della Bocca della Verità, près de 8000 Européens engagés sont prêts à se mettre en route. Non loin de là se trouve la statue de Neptune, qui, selon la légende, dévore la main des menteurs. Pour les participants, il n’y a qu’une vérité : l’UE est plus importante que jamais et doit être défendue.

La journée du 25 mars 2017 commence à 8h00 sur la Place d’Espagne par un forum durant lequel des personnalités de toute l’Europe – dont Sylvie Goulard, Guy Verhofstadt et Jo Leinen – s’expriment sur le futur de l’Union Européenne. Pas sur l’histoire, malgré la date marquant les 60 ans des Traités de Rome, mais sur l’avenir. Avenir certes menacé par le Brexit et le nationalisme, mais qui peut encore être orienté vers l’unité et la solidarité. Chaque intervenant dessine sa vision de l’Europe de demain, persuadé que l’UE représente la plus belle invention de l’Europe d’hier. Dans le public, les gens écoutent religieusement, avides d’entendre des propos encourageants sur leur Union. « Peut-on encore trouver cette vieille dame de 60 ans sexy ? », s’interroge le journaliste du Corriere della Sera, Beppe Severgnini. De son côté, le président des Jeunes Européens Fédéralistes, Christopher Glück, encourage l’assistance à changer son récit de l’Union européenne : « Ne nous parlez plus de paix, à nous les jeunes, nous ne savons pas ce qu’est la guerre. Parlez-nous plutôt d’ouverture, d’échanges, de culture ».

A midi, les 500 participants au congrès rejoignent les centaines de manifestants déjà rassemblés près du Colisée, ouvrant la voie aux milliers d’autres qui se réuniront plus tard dans l’après-midi à Berlin, à Varsovie ou encore à Londres. Ici, aucun drapeau national ne flotte. A quoi bon, puisque tous partagent une seule et même identité européenne ? La foule se met en marche, décidée, le coeur en joie. Un couple de septuagénaire français se réjouit de la présence d’une jeune délégation helvétique. Car c’est cela aussi la Marche pour l’Europe : une rencontre entre plusieurs générations, plusieurs histoires, plusieurs visions. Tout le long du parcours, des policiers sur les dents surveillent un défilé si pacifique qu’ils se demandent ce qu’ils font là. Enfin, après un kilomètre et demi, les manifestants se rassemblent au pied du Colisée. La Marche pour l’Europe 2017 à Rome a atteint son but : elle a rappelé l’engagement des citoyens pour leur continent et leurs valeurs.

Un constat peut être fait à l’issue du rassemblement : la génération des 35-50 ans était peu présente à Rome (la majorité étant des jeunes ou des retraités). Il est donc nécessaire de rendre l’UE à nouveau séduisante pour tous, en simplifiant et en modifiant les arguments en sa faveur. Il est nécessaire de continuer à encourager les dirigeants européens à réformer l’UE en profondeur, nécessaire de mobiliser tous les citoyens pro-européens, notamment à travers la multiplication des manifestations telle que celles du mouvement « Pulse of Europe ». Cependant, une chose est sûre : durant la marche pour l’Europe, chacun a retrouvé ou renforcé sa foi en l’Union européenne. Avec ses défauts, son besoin urgent de réformes, ses menaces. Et gardera en tête la remarque de Guy Verhofstadt : si c’était un Etat qui faisait face aux défis actuels de l’UE, est-ce qu’on envisagerait de l’abolir ?

À propos de l’auteur

travaille à Berne (CH) en tant que co-secrétaire générale du Nouveau mouvement européen Suisse (Nomes).

Twitter : @CarolineIberg

 

L'avis de François Mennerat de Sauvons l'Europe:

Accueil » Actualités » Nous avons marché pour l’Europe. Ah, que la fête était belle !

Nous avons marché pour l’Europe. Ah, que la fête était belle !

Tout avait pourtant commencé par une mystification : les 60 ans de la signature du Traité de Rome ne constituent pas le 60e anniversaire de l’Union européenne, née en 1992 avec le Traité de Maastricht. Le Traité de Rome n’instituait, lui, « que » la Communauté économique européenne, palliatif temporaire auquel les constructeurs déterminés de l’Europe unie avaient dû se résoudre pour surmonter leur déception du rejet d’une communauté politique et de défense par la France, déjà.

Mais fêter la construction européenne vaut bien tous les petits mensonges.

Donc la fête était belle, l’organisation impeccable, les forces de sécurité italiennes sérieuses et redoutablement efficaces sous leur apparence débonnaire. Bravo !

À Rome, s’était déjà tenue le matin une « convention » au cours de laquelle les éminents intervenants avaient mené tambour battant, comme dans un ballet, une succession éblouissante de dialogues enflammés, entre eux et avec la salle. Rivalisant d’enthousiasme et de force de conviction, ils avaient fait vibrer les cœurs et échauffé les esprits des militants de tous âges. Alyn Smith, eurodéputé écossais, a été l’objet d’une interminable « standing ovation ». Parmi d’autres, Danita Hubner déplorait la pleutrerie de trop de « décideurs » européens qui n’osent plus engager aucune réforme et se gardent de toute initiative parce qu’ils sont a priori convaincus de l’opposition (non exprimée) « des citoyens », tandis que Guy Verhofstadt martelait qu’il faut de toute urgence à l’Union européenne un vrai gouvernement, démocratique, responsable et légitime.

L’après-midi, sous le chaud soleil romain, la marche de milliers de fédéralistes de toutes origines et toutes organisations constitua un éclatant succès. Ces festivités se sont reflétées dans un nombre considérable de villes européennes, jusqu’au Royaume-Uni, où Londres et Édimbourg ont tenu la vedette.

Et pourtant, cette fête laisse un goût amer. Les caméras de presse étaient nombreuses et leurs opérateurs souriants. Mais, plus tard dans la soirée, quand quelques médias clairsemés ont daigné évoquer les manifestations du jour, c’est pour affirmer la division de l’Europe et de ses citoyens. De quelle « tempête » parlent-ils ? Est-ce parce qu’elles sont plus bruyantes, qu’ils ne veulent entendre que des minorités brouillonnes et incohérentes ?

Ils n’ont eu d’yeux que pour l’improbable assemblée de chefs d’État et de gouvernements d’une Europe sous la houlette de leur président et triste porte-voix, Donald Tusk, incapable comme du reste le président de la Commission, du moindre élan rassembleur – quels pauvres tribuns ! A-t-on jamais vu un chef entraîner qui que ce soit avec lui en proclamant la pétaudière et en annonçant l’échec ?

Ils n’ont eu d’oreilles que pour une déclaration savamment édulcorée afin de ne contenir ni promesse ni engagement. Ne sont-ce pas plutôt ceux-là qui renvoient l’image de la division de l’Europe ? Les promesses vagues ne suffisent plus. Nous n’espérons pas forcément suivre un fleuve tranquille, mais nous voulons distinguer clairement une vision positive de notre avenir.

Donc la fête était belle, mais elle reste un échec médiatique, donc un échec tout court, hélas. Que faut-il bien faire, à défaut de susciter leur enthousiasme, pour seulement éveiller l’intérêt, juste un peu, de ces médias ?

Il faut, certes, à l’Union européenne un vrai gouvernement, un gouvernement démocratique (c’est-à-dire fédéral, forcément, …chut  !), responsable devant les représentants du peuple, donc légitime. Un gouvernement qui gouvernera en fonction du mandat à lui confié par la majorité des citoyens de l’Union.

Mais cela ne suffira pas.

Il faut aussi remplacer le Conseil de l’Union européenne, dit « le Conseil » (des ministres), par une véritable chambre haute, un Sénat, représentant les États membres et vrai garant de la subsidiarité.

Il faut abolir le Conseil européen et ses « sommets » théâtraux : censé donner l’impulsion, il ne fait que serrer les freins.

Il faut investir une autorité morale du rôle de représenter l’Europe, ses peuples et ses valeurs aux yeux du monde.

Il faut faciliter l’expression de ses citoyens, les laisser, dans leur diversité, épanouir leur(s) culture(s) et affirmer une vision positive de leur avenir commun.

Et ça, les chefs d’État (au singulier, car il n’y en a qu’un) et de gouvernements (sauf le nôtre, puisqu’en dépit de la Constitution, notre chef « d’État » s’arroge le rôle de chef de gouvernement), ça donc, ils ne le disent pas. Ils ne le disent pas, parce que, sous prétexte d’une souveraineté peau de chagrin, ils comptent – combien de temps ? – maintenir l’UE sous leur tutelle. Souveraineté ? Parlons-en.

Tout cela, c’est à nous tous qu’il revient de l’exiger

François Mennerat

Conseil national de Sauvons l’Europe

brieuc.cudennec

   

D'une manière générale, sauf règle de copyrigt particulière figurant en tête ou en pied d'un article, vous êtes libre de partager – de copier, distribuer et transmettre les fichiers publiés sur ce site  sous les conditions suivantes de paternité : Vous devez citer le nom de l’auteur original de la manière indiquée par l’auteur de l’œuvre ou le titulaire des droits qui vous confère cette autorisation (mais pas d’une manière qui suggérerait qu’il vous soutienne ou approuve votre utilisation de l’œuvre). Pas de modification - Vous n'avez pas le droit de modifier, de transformer ou d'adapter les fichiers publiés sur ce site.

Login Form